Catégorie : Violence

The Unfounding of Rapes

When I look at sexual assault numbers – cases reported and the proportion that lead to charges – I am always reminded of a favourite Seinfeld episode about a car rental reservation that did not produce a car. Seinfeld says to the clerk, “You know how to take a reservation. You just don’t know how to hold the reservation. And that’s really the most important part of the reservation, the holding. Anyone can just take them.”

In 2010, queried about the fact Saint John had the second highest rate of sexual assaults reported to police, a Saint John police Inspector said he was “absolutely proud of that number being high.” He was probably even prouder the next year when Saint John had the highest rate of reported sexual assaults of the 100 municipalities considered across Canada.

So the police know how to take a complaint. Do they know what to do with that complaint?

Saint John has had a high rate of sexual assaults for decades. Don’t go crediting new victim support programs or improved police training or recent attitude shifts. The reported rates have been high for longer than that. Saint John has also historically had a low rate of charges being laid following those reports of sexual assaults.

From the late 1980s to 2012, New Brunswick’s rate of reported sexual assaults was higher than the Canadian average *

Now, thanks to some good journalism by the Globe and Mail, we find out that while  nationally 19% of reports of sexual assault were determined to be “unfounded” (2010-2014) – dramatically more than for other types of crime, New Brunswick’s rate is 32%**. That’s partly due to Saint John which had a 51% rate of “unfounded” reports. Fredericton police have a 16% rate. Codiac RCMP, 33%. Go figure.

Unfounded means the investigating officer does not believe a crime occurred.

Might some of those officers’ beliefs be unfounded?

Are New Brunswickers who report sexual assault less credible than other Canadians?

Why would people who walk into the Saint John police station to report a sexual assault be more likely to be making up the story, given all that we know that discourages people from reporting sexual assaults?

Why do police not clear the charges using the other checkboxes: “not enough evidence” “complainant doesn’t want to proceed with charges”? Is there some bureaucratic benefit to clearing it as “unfounded”? Once they are “unfounded”, no one counts them as unsolved. The Globe states: “Inflated unfounded rates create the impression that police receive fewer complaints of sexual assault than they actually do. In turn, that gives the appearance that more complaints lead to an arrest.”

So I ask the proud police inspector, why are Saint John sexual assault victims so keen to report if little happens after they lay complaints? Or are you just proud police know how to take a complaint? Anyone can just take them.

 

 

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* Statistics Canada, Canadian Centre for Justice Statistics; CANSIM table 252-0051.  These statistics were publicized and denounced by the New Brunswick Advisory Council on the Status of Women in the Status Report it published from early 1990s to 2011 when the Council was abolished by the provincial government. The government then pledged it would continue to publish the Status Report. It has not been published since 2014

** http://www.theglobeandmail.com/news/investigations/compare-unfounded-sex-assault-rates-across-canada/article33855643/#saint-john-nb

La prévention après coup

Si la société s’était attaquée au problème de l’ivresse au volant de la même façon que nous traitons de la violence faite aux femmes, au lieu de campagnes « Évitez l’alcool au volant » nous aurions des messages publicitaires nous enjoignant de se sortir du chemin des chauffeurs saouls, de prendre le train peut-être.

Ces dernières semaines, alors que le mois de la « prévention » de la violence se termine par ce 6 décembre de commémoration de la tuerie de Montréal, on a encore une fois vu que les organismes qui disent faire la prévention de la violence faite aux femmes n’ont de conseils que pour la victime : sors-toi de là, chère. Ça c’est dans la province qui détient ou a récemment détenu les pires résultats en violence familiale. Allez voir les trois vidéos lancés récemment par le gouvernement provincial, surtout celui Une rencontre sociale. On passe si proche de ce qu’il fallait faire, mais n’a pas eu le courage : http://www2.gnb.ca/content/gnb/fr/ministeres/jsp/securite_publique/content/securite_et_protection/content/LaViolenceEntrePartenairesIntimes/InfoGraphics.html .  Allez lire les articles de ces dernières semaines sur le sujet de la violence faite aux femmes. L’hypothèse de travail semble être que cette violence tombe du ciel.

Pourtant, « les services aux victimes de violence dans les relations sont à la prévention ce que les salles d’urgence sont aux ceintures de sécurité. Ne me dites pas que vos dons aux maisons de transition vont résoudre le problème. Montrez-moi un crime éliminé par le port d’un ruban coloré. Montrez-moi une question, une maladie, un problème résout par le biais des services offerts aux victimes. Ces gestes ne préviennent pas la violence. Ces gestes sont confortables … et ils aident à perpétuer le problème en prétendant de s’en occuper, si on ne fait que ça. »*

La nouvelle campagne anti violence du gouvernement fédéral fait un peu plus de bon sens : les affiches « Vos gestes comptent » dénoncent nos attitudes qui font qu’on blâme les femmes (« Ses choix vestimentaires ne vous regardent pas. » « Y’a rien de drôle dans le fait de dévaloriser les femmes »). Peut-être éventuellement on parlera des hommes.

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* Tiré de mon billet sur le même sujet de 2015 : https://rosellam.wordpress.com/2015/12/08/la-violence-quon-aime/

Les hommes, paraît-il, font pitié

La fine fleur de la population étudiante de l’université acadienne, mise à profit pour la publication de son journal fleuron, Le Front, a publié une caricature qui voulait nous faire apprécier la situation intolérable dans laquelle les hommes se trouvent.
À notre surprise, ils ne s’en prennent pas au système qui prescrit sans équivoque des valeurs et des comportements à ceux dotés d’un zizi. Ils avaient mieux que de nous parler de la cage dorée et du système patriarcal qui gâche des vies d’hommes et déforme des sociétés. Provoqués par une femme qui avait fait un discours remarqué invitant les hommes à contribuer à l’égalité des sexes, ils s’en prennent au fait que, paraît-il, les femmes agressent les hommes et leurs enfants sans conséquences, que les femmes ont même carte blanche pour prétendre viol, évidemment parce que délices et bénéfices tombent du ciel lorsqu’une femelle crie au viol. Non, non, ne pensez pas à dénombrer le sexe des corps morts, estropiés ou violés que voient nos institutions. Laissons-nous plutôt être guidé par cette jeunesse et déplorons le fait que les hommes n’ont plus les droits qu’ils avaient et, pire encore, que les femmes ont le droit de ne pas les trouver drôle.

12 octobre 2014 – Des excuses ayant été publiées par l’exécutif du journal Le Front, je modifie mon texte afin d’enlever les noms du caricaturiste et du rédacteur en chef en question. Cela me semble la chose à faire. À ce sujet, la Fédération des étudiantes et des étudiants du campus universitaire de Moncton a accusé de révisionnistes ceux qui auraient voulu voir les caricatures enlevées des versions électroniques du journal. Nuance là : On ne cherche pas à cacher ce qui s’est passé. Par exemple, je décris ci-haut ce qui était dit dans ces caricatures et cela doit se savoir, même après les excuses.
Enfin, les excuses du journal sont basées sur le fait que les personnes qui auraient dû voir les caricatures avant publication ne les ont pas vues, et que l’exécutif n’a pas droit de regard avant les faits. Cela va pour la sortie du journal le mercredi. Mais par vendredi, ce rédacteur et cet exécutif ne pouvaient pas dire qu’ils ne les avaient pas vues. Il a fallu les réactions hors campus pour qu’enfin ils lisent leur propre journal ?

La gestion des causes incommodes*

Si tu es un gouvernement conservateur avec un petit c, comme l’est celui du Nouveau-Brunswick depuis des lunes, plutôt qu’abolir un conseil indépendant sur une cause ‘incommode’ – disons par exemple la condition de la femme – il vaut mieux l’abolir puis en recréer un qui n’en est pas un, mais qui est là pour être paradé au besoin, par exemple quand il y a une élection.

Et même encore mieux que ça ? Ce serait que les médias reprennent et répètent ce que dit le gouvernement – qu’il a ‘remis les choses en place’.

L’éditorial de l’Acadie Nouvelle du 24 juin 2014 disait au sujet de l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick en 2011 par le gouvernement provincial : « À peine deux ans plus tard, le gouvernement Alward annonçait qu’il financerait un nouvel organisme, Les voix des femmes du Nouveau-Brunswick. Ses preuves restent encore à faire, mais sa simple existence reste une belle victoire pour toutes les Néo-Brunswickoises… » et «En l’espace d’un mandat, le gouvernement a plié. »

Et si le gouvernement n’avait pas plié, mais avait plutôt saisi l’occasion des protestations pour finaliser la disparition d’une voix indépendante en installant une entité si encadrée, si circonvenue et si limitée dans ses ressources qu’elle ne peut plus incommoder le gouvernement ?

En tout cas, voici pourquoi je dis qu’il est trop tôt pour dire Brava :

Voix des femmes a été annoncé il y a plus d’un an, et les membres ont été nommées il y a cinq mois. Mais l’agence n’est toujours pas accessible par téléphone, par courriel ou par les médias sociaux, n’a ni employées ou bureau, et ne s’est pas prononcé sur un dossier à ma connaissance. Ni l’avortement, ni les femmes en politique ou les enjeux féministes de l’élection provinciale de cet automne, ni le traitement des femmes prostituées ou les lois sur la prostitution, ni l’équité salariale, ni les femmes autochtones, ni les taux élevés de violence faite aux Néo-brunswickoises, ni la journée internationale des femmes ni la fête des mères. Rien non plus sur son mandat, sa vision, ses ressources et son indépendance.
Le Conseil consultatif était un organisme créé par une loi adoptée par l’Assemblée législative.
Voix des femmes n’a ni loi, ni ordre en conseil, ni mandat connu.
Le Conseil était mandaté par la loi de porter à l’attention du public et du gouvernement les questions d’intérêt aux femmes, de recommander des lois et des politiques, d’assurer la collecte, l’étude et la diffusion d’information, et de favoriser le réseautage entre les organismes féminins.
Nous n’avons qu’un communiqué de presse gouvernemental, mais Voix des femmes doit « promouvoir l’égalité des femmes et des filles et améliorer leur vie ».
Le Conseil consultatif contrôlait près de 600 000 $ par an en fonds et accès à des services.

Selon les communiqués, Voix des femmes a peut-être accès avec des conditions non dévoilées à 200 000$ en argent et en services.

Laissez-moi rêver un instant : Voix des femmes pourrait déclarer qu’il opère sous la Loi créant le Conseil consultatif sur la condition de la femme ou une loi semblable, et attend que le gouvernement – celui-ci ou le prochain – confirme leur nomination en vertu d’une telle Loi. Il pourrait également mettre ses critères pour son indépendance : un mandat clair et connu qui comprend l’autorité de rendre public ses avis, le pouvoir de choisir ses activités, ses priorités et ses recommandations et de décider de la dépense de son budget, et le contrôle de l’embauche et la direction de son personnel. Si elles n’ont pas tout ça, le gouvernement peut cesser de dire que Voix est indépendant.

Les membres de Voix des femmes sont 15 Néo-brunswickoises, représentantes de groupes ou individus, nommées par la ministre. Elles sont d’excellentes nominations. L’organisme serait-il pris dans un piège par le dévouement de ses membres à la cause de l’égalité – un dévouement exploité ? ‘J’ai été si bas tellement longtemps, que cela ressemble à une remontée?’ Sinon, pourquoi le silence alors que les Néo-brunswickoises font si pauvre figure dans tant de domaines, au Canada pour commencer ?

Ces dernières décennies, plusieurs gouvernements provinciaux auraient aboli le Conseil consultatif s’ils avaient pu. Année après année, le Conseil maintenait des positions tannantes pour des gouvernements tannés des positions féministes. Le Conseil maintenait sa position pour l’accès à l’avortement et aux contraceptions, même d’urgence; il insistait que les questions féministes ne se confinent pas au domaine social mais ont affaire aux réformes économiques, fiscales et électorales, et que l’équité salariale était une question de droits humains, non pas des mots à éplucher dans une plateforme électorale.

Sais-tu à quel point un tel Conseil peut être agaçant et menacé dans un système politique comme nous avons ?

C’est pourquoi moi, avant de dire Brava !, j’exige que Voix des femmes fasse quelque chose, n’importe quoi, qui met l’intérêt des femmes au Nouveau-Brunswick en premier.

Le dénouement dépend en partie de David Alward, de la ministre Marie-Claude Blais, des co-présidentes Kim Nash-McKinley et Phylomène Zangio, des membres individuelles Kyla LaPointe, Noëlla Richard, Paulette Sonier Rioux et Stéphanie Beaulieu, et des représentantes du Centre Muriel McQueen Fergusson pour la recherche sur la violence familiale, du YWCA de Moncton, du Urban Core Support Network, du Sussex Committee for the Prevention of Family Violence, du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Fredericton, du UNB Women’s Studies, de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick, du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, et de l’Association des CBDC du Nouveau-Brunswick.

En fait, le dénouement dépend de l’ensemble des femmes du Nouveau-Brunswick.

Mieux un vide qu’une fiction.

*Ce texte a été d’abord publié dans l’Acadie Nouvelle du 14 juillet 2014.

Je nous sens complices

Nous méritons des médailles de déshonneur pour les taux de violence faite aux femmes et une autre de ces médailles pour notre insouciance devant cette situation.

Un sondage de 2009 nous apprend que 48 pour cent des francophones au Nouveau-Brunswick ne voient pas comme un crime le fait de violer son épouse, comparativement à 21 pour cent des anglophones. 74 pour cent des francophones, et 33 pour cent des anglophones, ne voient pas comme un crime le fait qu’un homme gifle sa petite amie lorsqu’il pense qu’elle a flirté avec un autre. (1)

Deux des trois villes canadiennes ayant le taux le plus élevé d’agressions sexuelles signalées à la police sont au Nouveau-Brunswick : Fredericton et Saint-Jean.

Statistique Canada nous informe également que la province affiche le taux le plus élevé de meurtres-suicides familiaux au pays. (2)

Ce sont ces drames qu’on tait qui me préoccupent :

Les Leclair de Kedgwick, 65 et 64 ans, morts après qu’il ait tiré sur elle puis s’est tué.  Le couple Haché de Caraquet, à peu près du même âge, morts également à la suite d’un meurtre suicide. Les Moreau de Sainte Anne du Madawaska, du même âge, morts de la même façon. Les Guitard de Charlo, 51 et 59, morts de la même façon. Les Tozer de Cassilis, 75 et 73 ans, morts de même. Les Michaud de Saint-André, 70 ans, il a tiré sur elle puis sur lui-même. La dame Wylie de Moncton tuée par un ami dont le nom n’a jamais été donné parce qu’il s’est tué par la suite. La dame de Clifton tuée par son ami qui s’est ensuite tué. Les Sharpe de la région de Fredericton, 38 et 47 ans, morte elle aussi de la main de celui qui s’est ensuite tué.

Et ce ne sont là que les meurtres-suicides. Et que ceux depuis 2010.

Pourrait-on avoir un débat de société soutenu à ces sujets ?  Bien sûr, nous entendons parler des femmes battues grâce aux services que nombreuses communautés organisent pour elles. Mais c’est là où s’arrête la discussion. Rien sur l’incidence hallucinante, sur la prévention, sur les hommes, sur les causes.

Dans le cas des meurtres-suicides, le coroner de la province n’aide pas en taisant les faits quand les familles en deuil le demandent. Ainsi, dans l’espace de 1-2 jours, l’histoire disparaît. Dans les médias, ces cas sont si fréquents et « ordinaires » que certains ne dépassent pas la rubrique des « Brèves ». Moyennant de se tuer lui aussi, le meurtrier réussit son coup de tuer et de taire.

Les gouvernements provinciaux successifs n’ont pas voulu stimuler le débat nécessaire. Et le Comité d’examen de la mortalité liée à la violence familiale qui, cinq ans après sa création, n’a toujours pas contribué, devrait être reconnu comme un modèle failli.

Je nous sens complices avec le meurtrier parce que nous lui permettons de garder cachés ses méfaits, et complices avec cette violence historique faite aux femmes – une des causes de l’inégalité intériorisée et sociale des femmes.

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  1.  Sondage attitudinal à propos de la violence faite aux femmes, Harris Décima pour le gouvernement du Nouveau-Brunswick, 2009. www.gnb.ca/0012/violence/PDF/AttitudinalSurvey-f.pdf
  2.  La violence familiale au Canada: un profil statistique, 2011, Statistique Canada www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/2013001/article/11805/11805-2-fra.htm#a1