Catégorie : positif

J’ai mon chèque de petite vieille !

À partir de la semaine prochaine, j’ai mon chèque de petite vieille. Je merveille que le gouvernement nous envoie un chèque simplement parce qu’on est (encore) là. On a yinque à se rendre à 65 ans et on reçoit son chèque de la Sécurité de la vieillesse ! Non mais c’est quelque chose. Faisons-en un droit humain universel.

La seule chose semblable serait l’allocation familiale. L’allocation que nos mères ont reçue jusqu’à nos 16 ans. Oh, les histoires entourant cette allocation en Acadie. Par exemple, on entend encore des histoires du temps qu’il n’y avait pas de système scolaire en français en Acadie. Y’en a qui ont répété la 8e année – parce qu’il n’y avait pas de 9e – pour que la famille continue de recevoir l’allocation familiale, de la vraie argent durant la dépression.

Pour bien des femmes, le chèque de vieille était, après celui de l’allocation familiale, le seul chèque à leur nom qu’elle verrait entrer à la maison de leur vie. Ça se fête.

La tradition dans ma famille est de faire quelque chose que tu te rappelleras avec le premier chèque. Tsé, acheter du homard pour toute ton monde. Les sortir au restaurant galant du coin. C’est ça mon problème. Ché pas quoi faire avec le premier. Beau problème. Merci mon privilège d’être née au Canada.

Le régime fête ses 65 ans cette année. Moi itou.

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Was that so hard?

The New Brunswick government has introduced a law to create an independent women’s Council. That means it gave up on the internal committee structure, Voices, which governments insisted was independent except the committee found it could not work on its priorities, spend its budget or hire staff.

The legislation proposed today is a good thing. Bravo to the Premier who allowed his mind to be changed. Brava to Voices who eventually saw no other way to make it work.

But.

Did we really need to learn that without status, you’re nothing, and certainly not independent? Ain’t that what the last century of women’s history has been about, getting status and independence?

Anyone who knows how government works knew an independent body required legislation. And anyone who knows women’s issues – the controversial nature of much of it, the kind of change they require – knew that only strong legislation would work.

Governments know how to set up an independent body. They do it for commissions, advisory groups, advocacy offices – the ombudsman, official languages, child advocacy, and other offices. For women, they didn’t follow the template.  For women, it was “let’s just have an internal committee? Can’t we all get along?”

Without legal status, you don’t have status. Women of all people know that, over and over.

So this is a good day. After 5 years without an independent Council, and 3 years where so much effort and money was put in a frustrating unnecessary exercise, there will be a law. I could give you a list of lost opportunities since 2011.

Like I tell the young’uns around the fire, when you face a showdown with government because you think women should be treated as equals, as some of us have, what do you do? What do you reach for? You reach for the law, and the microphone.  That’s how we all get along, and get change done.

 

Une autre chose positive…

L’humeur me passera mais y’a d’autres choses que je veux proclamer que j’apprécie:
Les bibliothèques publiques – Plus d’une mère, surtout celles du type des acadiennes, a béni les saints pour les bibliothèques, ou voué de leur laisser de l’argent, si jamais elle en aurait, parce que ses enfants fréquentaient la bibliothèque publique. Il arrive que la bibliothèque ouvre des horizons que la culture et les pauvres écoles ont de la misère à faire miroiter, ou au moins occupe une jeune pendant des années troubles.
En tout cas, je sais qu’on peut se mettre d’accord que les bibliothécaires sont les meilleures personnes au monde. Point. Elles ont tout le temps possible pour toi, ne veulent que t’encourager dans tes intérêts, ont quelque chose à dire au sujet de tous les livres que tu empruntes et sont les premiers, et premières, nerds. Au Nouveau-Brunswick, elles maintiennent un Service de référence virtuelle où vous posez votre question au personnel des bibliothèques et ils s’engagent à vous répondre dans un délai de deux jours. Amour.
À Fredericton ce mois-ci, la bibliothèque publique du centre-ville se prépare à fermer pour plus de 2 mois pour des réparations. Elle a invité les citoyen-ne-s à emprunter des brassées de livres et de ne les ramener que 2 mois plus tard afin qu’elles n’aient pas à les transborder. Le nombre de personnes qui viennent, fortes de sacs et d’adolescents de somme, vous surprendraient. Bel esprit de communauté.
Comme l’écrivain Jack London, alors déjà célèbre à 30 ans, a écrit à la bibliothécaire qui avait « été la première à me complimenter sur le choix de mes lectures » : « J’étais un petit garçon enthousiaste, affamé, assoiffé – et un jour, à la bibliothèque, j’ai pris un volume de Pizarre au Pérou… En me le rendant, vous m’avez félicité de lire des choses de cette nature… Si vous saviez à quel point vos mots m’ont rendu fier. Je vous dois beaucoup. Vous étiez une déesse pour moi… Aucune femme n’a eu sur moi une aussi grande influence. Je n’étais qu’un gamin. Je ne savais absolument rien de vous. Et pourtant, après toutes ces années, je n’ai jamais rencontré de femme aussi noble que vous. »

Des choses à apprécier

Je trouve il semble facilement des situations et des actions qui m’indignent et me portent à écrire. Il m’arrive, plus rarement, d’être impressionnée ou reconnaissante pour une situation ou une action. L’autre jour, en lisant une chronique de Bernard Richard dans l’Acadie Nouvelle, j’ai eu ce sentiment et j’ai pensé à un nombre de personnes et groupes qui méritent d’être appréciés.

Monsieur Richard, ancien politicien, réprimandait son ancien parti et celui qui l’a remplacé au pouvoir pour les mêmes agissements. Voir cette analyse tirée de sa chronique : « Les initiatives annoncées par le gouvernement Graham promettaient aux électeurs que leur vote compterait, que le système fonctionnerait et que leur voix serait entendue. Un peu plus de deux ans plus tard, l’annonce de la vente des actifs d’Énergie NB à Hydro-Québec a éclaté comme une bombe. Les pourparlers menant à l’annonce s’étaient déroulés en secret… Le dossier d’Énergie NB, entre autres, a ouvert la porte toute grande à David Alward et, pour la première fois dans notre histoire, il a défait un gouvernement après un seul mandat. M. Alward avait bien appris sa leçon, promettant de consulter la population et critiquant sévèrement la décision du gouvernement Graham dans le dossier d’Énergie NB. Pourtant, peu de temps après son élection, c’est au tour du gouvernement Alward de s’aventurer dans le secteur énergétique sans informer et sans consulter avant de prendre sa décision, annonçant une stratégie agressive pour le développement du gaz de schiste par fracturation hydraulique. »

Les anciens politiciens qui contribuent de cette façon sont si rares qu’on doit applaudir, et maudire les autres.

De même, deux groupes m’épatent par leur travail et leur longévité.

La Coalition pour l’équité salariale est un regroupement provincial actif depuis 13 ans, arrivant à survivre sans financement gouvernemental depuis quelques années. En fait, la Coalition termine une autre campagne de financement. Sans pouvoir offrir de reçus pour fin des impôts, la Coalition réussi à ramasser 75 000$ à 90 000$ par an.  Chapeau !  Et l’objectif – l’équité salariale ou la comparaison de la valeur d’emplois non identiques – n’est pas facile à expliquer. Leurs tactiques sont toujours amusantes, justes et ou tranchantes. Peu de provinces ont un tel groupe, et aucune n’a de tel groupe ayant autant de visibilité et de respect populaire. On veut leur souhaiter longue vie, mais évidemment il faut plutôt leur souhaiter un succès rapide et l’équité jusqu’à la fin de leurs jours.

Le Front commun pour la justice sociale, qui « milite pour construire au Nouveau-Brunswick une société plus humaine », que ça, impressionne par sa constance et sa visibilité. Ce regroupement de personnes vivant ou ayant vécu dans la pauvreté fait souvent parler de lui et rares sont les journées spéciales ou événements provinciaux reliés à l’économique où les représentants du Front ne sont pas cités. Ils fonctionnent avec peu de fonds et mènent présentement une campagne d’un an pour amasser 30 000$. L’automne dernier, le Front commun a lancé une campagne pour faire de la pauvreté un enjeu électoral lors de la prochaine élection provinciale en septembre 2014. Car, comme ils le rappellent, plus de trois ans après l’adoption d’une loi visant la réduction de la pauvreté, « il y a encore des milliers de citoyennes et de citoyens qui vivent dans la pauvreté… Ce sont principalement les travailleurs à petit salaire qui travaillent, en majorité, au salaire minimum, soit à plein temps ou à temps partiel, dans les secteurs du commerce de détail, de l’hébergement, des services de restauration, et les industries saisonnières… » Ils ont une idée juste de la pauvreté, ses causes et son utilité sociale, et donc, sont actifs dans des dossiers tels que la révision de la Loi sur les accidents de travail, l’Assurance-emploi et les femmes, le budget et les revenus provinciaux. Justice sociale et non charité !