Catégorie : Acadiens

L’Acadie qu’on s’imagine

Un texte que j’ai écrit et livré en 2000. Je ne sais pas ce que j’en pense 14 ans plus tard… mais Bon 15 août toi !

Nous vivons dans un pays imaginé, l’Acadie. Mon Acadie a un drapeau, une langue, un hymne. Des artistes, des héroines, une université.

Mon pays n’a pas de terre mais il a une identité.

Ma journée nationale du 15 août sera une industrie avant de devenir un congé férié.

C’est un endroit virtuel, une communauté vivante, une nation invisible. La Sagouine est une personne imaginaire avec un vrai pays – pas loin d’ici. Les Acadiens sont de vrais gens avec un pays imaginaire. Comme les tsiganes, les juifs et les noirs d’Amérique, a-t-on dit.

L’Acadie n’a pas de terre mais elle a des places – des espaces – et les Acadiens se rencontrent dans ces places communes – les écoles, les associations, l’église, la mer. Les Acadiens voient même des frontières à leur terre et demandent un ‘café’ au Tim Horton de Dieppe et un ‘coffee’ au Tim Horton de Moncton.

L’Acadie n’a pas de terre mais elle est la championne quant au nombre de chansons et de poèmes qui mentionnent ses noms de place.

J’ai des auteurs, des humoristes, des musiciens connus autour du monde mais inconnus par l’autre moitié du Nouveau-Brunswick. J’ai des poètes au lieu d’avoir de politiciens. Mes poètes parlent de politique. Comme Herménégilde Chiasson, qui a dit, « Faites-nous un beau ghetto, non pas dans un territoire, non, ici, à l’intérieur de chacun de nous. »

Mes héros sont Ti-Louis, Antonine et Hermé. Et nous avons une catégorie spéciale pour les héros comme Leonard Jones. Ils avancent la cause acadienne en nous obligeant tous de confronter les attitudes anti-francophones parmi nous. Cet élément anti-francophone, je le crains, mais pas autant que je crains la timidité acadienne – ce ‘ghetto à Lire la suite

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Vous avez appelé une ambulance, Mister?

Vous avez appelé une ambulance ?

Pardon me? Oh you’re the ambulance. Come in. Over here.

Quel est le problème ?

I don’t understand you. He’s over here. Come. Help him.

Merci. Qu’est-ce qui est arrivé ?

Are you talking French? What’s wrong here? I called for an ambulance.

Du calme. Nous allons lui donner les meilleurs soins possibles, mais il nous faut connaître les symptômes. Il a mal où ?

E a what ? What’s happening here? Are you really the ambulance? I’m calling the police…

Hello police. I need help. I called the ambulance and they arrived but they only speak French. What? WHAT? Oh, OK. Dearie, they say I have to take it up with the Supreme Court. You go on ahead. I’ll join you in the hospital. Don’t worry. This won’t take long.

Si bilingue voulait dire bilingue

J’ai comme l’impression que « bilingue » n’est pas une appellation contrôlée. En tout cas pas au Nouveau-Brunswick.
Je ne suis pas la cour suprême, mais je statue comme simple citoyenne que pour se dire bilingue, la province devrait me permettre de faire affaire avec le gouvernement dans ma langue – au minimum faire des choses comme voter ; parler à l’ambulancier qui répond à mon appel d’urgence ; recevoir des services à l’hôpital.
À ce sujet :
Je n’ai jamais pu voter en français. J’ai 61 ans. C’est sans doute ma faute, j’ai résidé à Fredericton ou dans le mauvais quartier de Moncton. Si jamais je réussis à voter en français, je ne saurai que faire du lendemain du scrutin, jusqu’à date presque toujours dédié à déposer une plainte auprès du bureau responsable – tsé, celui qui te dit c’est ton élu qui décide de l’embauche des employé-e-s des bureaux de scrutin.
Je n’ai jamais eu à appeler l’ambulance mais je lis les plaintes au sujet du manque de service et je lis surtout les doléances de la Commission aux langues officielles, qui nous assure – 45 ans après l’adoption de deux langues officielles au Nouveau-Brunswick pour l’amour – qu’elle a fait part de préoccupations aux dirigeants d’Ambulance NB. Préoccupations. En 2014. Aucun commentaire d’Alward ou des députés acadiens.
Je n’ai jamais eu de services en français à l’hôpital de Fredericton. Jamais. Il y a 13 ans que je demeure à Fredericton.