Excu-u-use me si vous n’êtes pas bilingue

J’ai probablement mal compris ou je ne devrais pas les prendre au mot, mais je crois entendre une note nouvelle dans le ronron des revendications de ceux qui sont contre le bilinguisme au Nouveau-Brunswick.

Je crois comprendre que certains de ces gens dénoncent la politique de bilinguisme parce que peu d’anglophones sont bilingues. Le dernier à présenter cet argument est le nouveau chef du parti conservateur, Blaine Higgs, qui a dit à l’Acadie Nouvelle la semaine dernière, « Quand 70% de tes enfants (anglophones) dans le système scolaire obtiennent leur diplôme sans parler les deux langues officielles, ils sortent de l’école avec une main attachée dans le dos. Ça ne peut pas être ça la vision de départ (du bilinguisme officiel). Et c’est ça qui provoque des émotions. »

Ces derniers mois, plusieurs autres anglophones unilingues ont avancé cette objection. Certains disent ensuite que c’est là la preuve que le bilinguisme ne marche pas et qu’il faut soit l’abolir, ou leur donner des emplois dans la fonction publique parce que tout Néo-brunswickois a droit à un poste de fonctionnaire, ou au moins les laisser embarquer pour une ride dans les autobus scolaires des petits francophones. Pardon, j’ai de la misère à suivre leurs arguments mais c’est quelque chose comme ça.

Well, excuse me si vous n’êtes pas bilingue. Ç’aurait peut-être affaire au fait que vous ne l’avez pas revendiqué ? Peut-être ça affaire au fait que le discours ambiant des anglophones de la province était depuis toujours que « French is being rammed down our throat » ? On doit présumer que ça ce n’était pas vrai ? Peut-être si la motivation pour l’inscription de ses enfants à l’immersion était plus saine et forte, et si l’engagement à une province bilingue était plus réel, vous auriez une panoplie d’options pour devenir bilingue. Je suis d’accord que vos services d’immersion sont peu glorieux – j’ai rarement vu un jeune qui en sort avec qui je peux avoir une petite conversation en français qui n’est pas pénible à mourir.

En tout cas, vous n’aviez qu’à vous organiser pour revendiquer des services. Bravo si vous le faites maintenant. Ce n’est point la faute des Acadiens ou notre responsabilité de le faire pour vous. Ça s’appelle la dualité…

Ah, pis en passant le but de la politique de bilinguisme n’était pas de vous rendre bilingue. You can look it up. C’était que le gouvernement traite de manière respectueuse avec tous les citoyens, pardon, contribuables.

Si je n’ai pas tout mal compris et ils veulent devenir bilingue par amour pour le français, pour le Nouveau-Brunswick, le Québec, la France et les Acadiens, je leur souhaite bonne chance et bon apprentissage. Ce que je ne leur souhaite pas, c’est de découvrir la meilleure façon que j’aie trouvé pour apprendre une autre langue : n’avoir pas de service dans ta langue.

Advertisements

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s