Tout le temps il faut s’aider

Ce texte a été publié en premier par l’Acadie nouvelle, le 12 août 2016.

Lorsque j’écrivais une chronique politique hebdomadaire, les textes qui suscitaient le plus de réaction étaient ceux portant sur l’Acadie et les droits linguistiques. Un bon nombre de francophones m’écrivaient mais je veux vous parler de la réaction des anglophones.

Ma chronique était en anglais. Les réactions des anglophones à mes chroniques étaient en grande majorité positives. (L’autre partie était de la haine crachée, et je les oubliais aussitôt à moitié lu). La majorité donc, – disons une centaine d’individus dans les 18 mois que j’ai signé une chronique provinciale – m’écrivaient pour me dire soit, ‘je ne savais pas que c’était comme ça’ ou ils me confiaient leur propre cheminement sur cette question. Pour ces derniers, j’ai souvent été surprise que le point de départ de leur cheminement était du mépris, du racisme pur, appris aux genoux de leurs parents, de leur société, de l’école. Mais ils m’écrivaient avec une toute autre perspective, me disaient qui ou quoi les avait changé et exprimaient une belle appréciation de la solution Néo-Brunswickoise à la coexistence.

Hier je me rappelais d’un de ces correspondants, un homme de Brooklyn qui avait reçu ma chronique du 15 août 2000 de sa deuxième cousine du N.-B.  Sa grand-mère était acadienne, déménagée aux États-Unis il y a 100 ans. La famille n’a jamais parlé le français, mais ils ont mangé acadien. Il dit qu’il se sent Acadien en esprit et que de son appartement à Brooklyn, il rêve de l’Acadie.

Il avait visité l’Acadie en 1972. Je ris encore de ses histoires de sa recherche, en anglais avec l’accent Brooklyn pour « une famille Robichaud » dans un village de la région de Kouchibouguac. « Mister, y’a presque pas de famille qui ne sont pas des Robichaud ».

Mais je veux vous parler de sa deuxième visite, en 2000.  Ç’a été une visite réussie, il a visité ‘toute son monde’. Mais en s’en retournant aux États, il s’arrête à Fredericton. Il fait connaissance de gens, très accueillants jusqu’à ce que on lui demande ce qui l’amenait de New York au Nouveau-Brunswick.  Il répond qu’il est Acadien et visitait la parenté. Il dit que la salle s’est figé. Froid immédiat. Il m’écrit, « Je suis Acadien mais je suis aussi New Yorker avec l’attitude qu’on leur connaît et j’ai plus de 6 pieds et 240 livres ». Il poursuit, « Je leur réponds, ‘Hey pal, you gotta problem wit dat?’« .  Ils ne semblaient pas s’attendre à cela, dit-il.

Il cherchait par tous les moyens à déménager en Acadie. Je lui ai dit que je le lui souhaite et je nous le souhaite.

S’il est parmi nous, toutes ces années plus tard, j’aimerais qu’il nous donne des cours, « Hey pal, you gotta problem wit dat?« . Ayant appris récemment un peu au sujet du concept des universités populaires, je me dis, pourquoi est-ce que notre université n’a pas une branche « populaire ». Il ne manque pas de besoin dans l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Voilà un thème que l’on pourrait envisager d’offrir : « L’auto défense en Acadie ».

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