Qu’est-ce qui était si difficile ?

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a proposé une loi créant un conseil des femmes indépendant. Il a donc abandonné la structure interne, Voix, que les gouvernements avaient baptisé « indépendante » sauf que le comité interne n’a jamais pu se mettre à l’oeuvre, dépenser son budget ou embaucher du personnel.

La loi proposée aujourd’hui est une chose positive. Bravo au premier ministre qui a accepté de changer son idée. Brava à Voix qui a éventuellement accepté qu’il n’y avait aucune autre façon d’avancer.

Cependant.

Avait-on vraiment besoin d’apprendre que sans statut, on est rien – surtout pas indépendante ? Ce dernier siècle de l’histoire des femmes n’a-t-il pas été une lutte pour statut et indépendance ?

N’importe qui qui sait quelque chose du fonctionnement des gouvernements et des politiques sait qu’une entité ne sera indépendante que si elle dépend d’une loi. N’importe qui qui connaît les questions féminines – la controverse qui les entoure et le type de changement qu’elles exigent – sait que cette législation devra être forte.

Un gouvernement sait comment créer un organisme indépendant. Ils le font lorsqu’ils créent des commissions et des conseils – les bureaux d’ombudsman, de défenseur de l’enfant, des langues officielles. Mais pour les femmes, ils n’ont pas suivi la formule consacrée. Pour les femmes, ils ont créé un comité interne et ont dit « la bonne entente nous mènera loin, chère. »

Sans statut, on est invisible. S’il y a quelqu’un qui sait ça, ce sont les femmes.

Mais c’est une journée positive. Après cinq ans sans conseil indépendant, et trois ans à mettre tant d’effort et d’argent dans un exercice frustrant et inutile, il y aura une loi. Je peux vous fournir la liste des occasions manquées entretemps, depuis 2011.

Aux petites jeunes assises autour du feu, je leur ai toujours dit : « vous verrez, mes belles, quand y’a toi pis le gouvernement dans une confrontation à la mort, ce que tu veux avoir à portée de main est une loi et un microphone. C’est comme ça que tu maintiens la bonne entente dans la cabane, et que tu fais des changements. »

 

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2 Commentaires

  1. Michele Caron

    Excellent. Il n’y a pas que les petites jeunes qui ont besoin de savoir ça. J’en connais des plus vieilles qui au nom du bon-ententisme ( ou de l’aplatventrisme) donné leur bénédiction à ce pis-aller qu’était le Forum-Voix.

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