T’es pu au berceau

Si la fête des mères était une fête des … mères et non pas la fête d’expiation de l’exploitation des mères, elle aurait été, ces derniers jours, l’occasion d’une exploration des conditions de cette situation de vie, que d’être mère en Acadie, au N.-B., au Canada.
Au lieu de ça, on nous gave de textes, de publicités et de commentaires gratuits sur la valeur astronomique des fleurs qui vont se vendre (des fleurs cultivées et cueillies par des femmes exploitées dans d’autres pays), comment il est heureux que le homard nouveau sera arrivé pour la fête et comment tout cela prouve que tout le monde aime sa mère.

Des enfants au berceau peuvent prendre leur mère pour acquis. Pas nous.

Les mères sont les PDG de cette économie des soins qui rend possible l’économie du marché. Même de nos jours quand la grande majorité des mères, surtout au N.-B., ont un emploi rémunéré, elles sont les participants du marché du travail qui assument les sacrifices – « fournissent la flexibilité nécessaire» – pour faire en sorte que la famille et le travail roulent rondement.

Je sais que les hommes font leur part comme jamais auparavant – nous avons eu un excellent exemple de la chose dans Jim Prentice cette semaine, qui nouvellement élu député en Alberta, s’est rappelé de ses obligations de père auprès de ses enfants …dans la jeune trentaine, et a démissionné.

Non, mais 269 pères ont pris un congé parental, – et 2,634 mères ! – en 2013 au N.-B. On fait pitié pas à moitié. Le nombre d’heures que les mères consacrent au travail à la maison comparativement au nombre de … minutes des pères… c’est à faire pleurer.

La condition des mères au Nouveau-Brunswick : qui vous en a parlé en anticipation de cette « fête » des mères ? La pauvreté, l’accès aux services d’aide dont ceux de garde, les congés familiaux inexistants, les congés de maladie non payés, les congés de maternité menant à une cessation d’emploi, les plaintes de discrimination, les violences faites aux femmes enceintes, la disparition des services de tribunal familial des dernières décennies, le manque d’intérêt pour le dossier de la santé des mères – les sages-femmes, les césariennes, etc.

Si les besoins des mères ne font pas les manchettes lors de la fête des mères, quand allons-nous en entendre parler ?

Bien des mères ressentent ce manque d’intérêt politique, public, familial pour leurs intérêts. Donc, je recommande que lorsque vous visitez votre mère ce dimanche, et lui donnez la carte ou la fleur, attendez-vous à être questionné – « Merci ben, mais t’as pu 6 ans, donc dis-moi cosse tu fais pour restructurer l’économie pour que le bien-être des familles fasse partie du produit national mesuré, ah pis la paix pour toutes les enfants de toutes les mères. »

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