Vous aimez votre politique entre même sexe ?

À quelques semaines d’une élection provinciale, les journalistes de cette province demandent immanquablement aux partis politiques s’il y aura un nombre accru de femmes. Les partis, mettant leur visage grave, répondent qu’ils espèrent vraiment mais vraiment que plus de femmes seront candidates. C’est une petite danse traditionnelle qui sert bien les partis et les médias.

Mais répéter les mêmes gestes et s’attendre à un résultat différent est une définition de la folie. Et faire des vœux surtout pieux à la dernière minute ne marche jamais. Le moment d’agir est maintenant au début d’un mandat d’un nouveau gouvernement.

Nous ne vivons pas dans une démocratie unisexe, donc les partis doivent être formés de représentants des deux sexes, entre autre. Heureusement, il y a plein de femmes qualifiées. Malheureusement, elles ne sont pas impressionnées par les partis. Heureusement, les partis n’auront pas de difficultés à se diversifier une fois qu’ils le veulent vraiment, mais vraiment, puisque toutes les autres provinces et la plupart des pays font mieux que le Nouveau-Brunswick dans ce domaine.
Nos partis contrôlent qui peut se présenter pour siéger à l’Assemblée législative. Ils reçoivent des montants importants des fonds publics. Ils ont donc une responsabilité d’agir, et nous avons une responsabilité de l’exiger.

Cependant il ne s’agit pas que d’un problème des partis. Le gouvernement a la plus grande responsabilité d’agir, surtout puisque notre Assemblée est si spectaculairement masculine. Avant cette récente élection, près de 90 pourcent des sièges accueillaient des hommes. Maintenant on est à 84 pourcent. Il y a déjà eu aussi peu que 82 pourcent d’hommes. Notre taux augmente et descend comme ça, allant du tragique au légèrement moins pathétique.

Il faut se rappeler également que le gouvernement a une responsabilité de promouvoir une plus grande démocratie. Quel groupe mérite 84 pourcent des places quand il n’est que 49 pourcent de la population ? Si vous pensez que la surabondance d’hommes à notre Assemblée résulte d’une sélection des meilleurs candidats où les femmes n’ont pas été à la hauteur, eh bien, permettez-moi de douter que vos ancêtres féminines sont fières de vous et que vous tenez à la démocratie. Et je sais que vous n’avez pas assisté aux agissements lors d’une session de l’Assemblée.
Et comme a dit une femme politique du pays de Galles il y a quelques années, « Les représentants d’un sexe, bien que compréhensifs, ne peuvent pas défendre totalement et équitablement les intérêts de l’autre sexe ».

En fait, le Nouveau-Brunswick devait avoir une représentation féminine de près de 35 pourcent par ce temps. En 2005, le gouvernement provincial avait reçu de sa Commission sur la démocratie législative un plan pour atteindre ce niveau de représentation féminine par 2015.

La Commission a recommandé la mise en place d’une mesure visant à inciter les partis à recruter des candidates. Les partis reçoivent une somme annuelle versée des fonds publics pour chaque vote obtenue lors de l’élection précédente. Si cette allocation était d’1 $ de plus pour chaque vote pour tout parti qui a présenté au moins 35 pourcent de femmes parmi ses candidats, cela représenterait un incitatif intéressant. La Commission recommandait également que les partis politiques soient tenus de soumettre à tous les deux ans à Élection Nouveau-Brunswick un rapport sur leurs actions pour améliorer la représentation féminine. La Commission voulait également que le gouvernement offre une aide aux associations qui organisent des activités visant à promouvoir la participation des femmes à la politique municipale ou provinciale.

Une autre recommandation de la Commission, celle de remplacer notre système électoral obsolète avec une forme de représentation proportionnelle, devait avoir un effet secondaire d’améliorer le niveau de diversité des élus.

Il est intéressant de noter que le gouvernement n’avait pas demandé à cette Commission d’examiner la question de la sous-représentation des femmes. Toutefois, celle-ci a décidé que ce serait une façon de rendre l’Assemblée législative plus efficace. De plus, a dit la Commission, il est peu probable que le dossier lamentable du Nouveau Brunswick en la matière s’améliore sans la mise en place de mesures spécifiques.

Bien sûr les partis peuvent agir d’eux-mêmes, et certains partis font certaines bonnes choses afin de présenter des candidates. Je pourrais énumérer ce qui se fait ailleurs, mais quand un parti veut effectuer un changement, il trouve comment faire, donc il semble que ce qui manque est la volonté.

Il est vrai que certaines de nous ne sommes pas intéressées à être candidate provinciale parce que les partis politiques imposent le respect de la « ligne du parti » – « ce serait semblable à ce que c’était de vivre avec mon premier mari » m’a dit une néo-brunswickoise -, mais il y a quand même bien des femmes intéressées à la politique.

En fait, un bon nombre de femmes au Nouveau-Brunswick sont présentement impliquées dans la politique, mais la politique non élue. Les partis, qui contrôlent la politique élue provinciale, devrait le prendre personnellement : c’est vous le problème, pas elles.

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