Le premier ministre de l’égalité des femmes

Ce texte a été publié en premier par l’Acadie nouvelle le 20 novembre 2014.

Le premier ministre Brian Gallant est ministre responsable de l’égalité des femmes. C’est un retour à la pratique originale au Nouveau-Brunswick de donner la responsabilité de ce dossier au premier ministre.

Lorsque cette nouvelle fut annoncée, quelqu’une a gazouillé, « Un homme ?!? » Ma réaction a été, « Je préfère que le ministre responsable de cette question soit le premier ministre – et j’aimerais bien également que le premier ministre soit une femme ». Le dossier de l’Égalité des femmes gagne en importance du fait qu’il repose au bureau du Premier ministre. Cette attribution est également justifiée du fait que l’instauration de l’égalité requiert une approche transversale en raison du nombre de domaines concernés.
Le premier ministre a dit que son choix d’avoir cette responsabilité démontre que la question de l’égalité des femmes sera au premier plan de ce gouvernement.

La première question dont il doit traiter, puisque qu’il avait dit qu’il en traiterait « rapidement » s’il était élu, est d’identifier les obstacles à l’accès au service d’avortement et de les abolir. La fenêtre de « rapidement » se ferme. Heureusement, la solution est simple. Il n’a qu’à abolir les critères politiques pour cette intervention médicale et qu’il assure que l’avortement, comme toute intervention médicale, soit accessible du fournisseur le plus approprié dans le cadre le plus approprié.

Ce qui va prendre plus de temps sont les questions connexes. Toutes ces questions reliées à la santé de la reproduction que le Nouveau-Brunswick néglige, et paie cher, tels les taux élevés de mères adolescentes, les services de sage-femme et les services de santé sexuelle. Si la santé de la reproduction comprend aussi la possibilité d’avoir le nombre d’enfants qu’on souhaite, je suis d’avis que des services abordables et de qualité pour la garde des enfants est une question qui relève de la santé de la reproduction, mais je reconnais que l’argument plus convaincant pour ce genre de service est leur effet de stimulant économique.

Le premier ministre devra également régler le cas de l’agence invisible « Voix des femmes », créée in extremis par le gouvernement précédent pour faire oublier son abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme. ‘Voix’ ne s’est prononcé sur aucun dossier, bien que les neuf mois depuis la nomination de ses membres ont été débordants de dossiers de première importance aux femmes du Nouveau-Brunswick. Monsieur Gallant préférera peut-être une option autre que ‘Voix’ – il est certainement raisonnable de douter de l’autonomie de ‘Voix’ et de son habilité à s’occuper des questions d’importance aux femmes.
Le premier ministre devra également corriger les failles flagrantes de la méthode utilisée depuis sept ans pour le calcul des ajustements relatifs à l’équité salariale. Faites-le correctement ou ne le faites pas du tout.
Je suis également très intéressée par la promesse du programme du Parti libéral d’entreprendre des analyses comparatives entre les sexes dans le cadre du processus de l’élaboration des politiques.

Par contre, le premier ministre n’a probablement pas à s’inquiéter de la porte-parole de l’Opposition officielle sur la question de l’Égalité des femmes, la députée Dorothy Shephard. Le jour en 2011 quand le Conseil consultatif sur la condition de la femme fut aboli par son parti, elle prit la parole à l’Assemblée législative pour livrer un discours bizarre. « Je comprends que cette décision a surpris les femmes d’à travers la province. Le changement peut faire peur, et se heurte souvent à de l’opposition. Nellie McClung a rencontré une opposition lorsqu’elle a pétitionné pour le droit de vote des femmes canadiennes, mais ce fut un changement bénéfique. Agnes Macphail a rencontré une opposition lorsqu’elle a fait paraître son nom sur le bulletin de vote fédéral. Elle est devenue la première femme élue au Parlement. Ce fut un grand changement mais ce fut un bon changement. Lorsque Emily Murphy est devenue la première femme juge au Canada,… ce fut un grand changement… » (traduction libre, puisque la traduction du Hansard n’est toujours pas disponible !)

Il n’est pas rare que des personnages publiques tentent de faire de l’esprit sans en être doué, mais ce discours est dans une classe à part. Eh, bien, elle ne siège plus du côté du gouvernement. Le changement est bénéfique. Je l’espère.

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