Vous n’avez pas confiance en nous

* Ce texte a été publié par l’Acadie Nouvelle le 8 août 2014.

Une des pires choses que peut faire quelqu’un qui est en position d’autorité auprès de d’autres personnes, c’est de démontrer un manque de confiance en eux sans raison. Un parent qui n’encourage pas son enfant, un enseignant qui fait comprendre à l’élève qu’elle ne réussira probablement pas, le patron qui ne se fie pas à l’employé.

Et les politiciens qui ne croient pas dans les citoyens qu’ils représentent.

Nos politiciens provinciaux donnent l’impression qu’ils n’ont pas confiance, en nous, dans la province, dans eux-mêmes.

J’ai pensé ça la première fois lorsqu’on a entendu un bon matin que Shawn Graham allait vendre Énergie NB à une autre province. Une part de la forte réaction citoyenne provenait du fait qu’on se sentait insulté. Que notre gouvernement pense qu’on ne peut pas gérer nos propres ressources et nos propres institutions, qu’il n‘a pas à nous consulter avant de dépecer la province, et qu’on ne réagira pas si on nous fait des mauvais tours comme ça.

À l’occasion, le premier ministre David Alward a certainement lui aussi laissé cette impression, qu’on ne valait pas grand-chose. Ta crainte pour ta source d’eau face à la fracturation pour le gaz de schiste? De quoi tu parles, ça n’a rien à voir, répond le gouvernement Alward. Comme les citoyens s’opposant au gaz de schiste le disent sur les collants qu’on voit dans la province, « Tu n’as pas de permis social pour le fracking ».

Comment réagir devant les consultations publiques bidon ? Par exemple, les consultations anonymes, sur internet, sur invitation – ou les consultations où peu de temps après leur fin, un document est émis – un document évidemment envoyé au service de traduction voilà longtemps – reprenant ce qui était la position connue ou pressentie du gouvernement. Et les citoyens qui avaient participé de bonne foi ont alors honte d’avoir été dupe et ne se mettront jamais à nouveau dans une telle situation d’abus.

Pourquoi personne ne valorise pas ce qu’on a déjà, ce qu’on fait déjà ? Pourquoi, étant donné notre province encore bien rurale et peu peuplée, on n’encourage pas davantage les coopératives, les entreprises sociales, le développement réellement communautaire ? Ce sont des solutions faites pour réussir chez nous. Mais quand avez-vous entendu dire – quand avez-vous vu investir – un gouvernement dans ces modèles pourtant profitables dans des régions marginalisées.

Si au lieu de donner des réductions d’impôt aux Walmart, Costco et Irving de cette province, ce gouvernement avait investi dans des initiatives de chez nous? Mais ces gouvernements et le monde dont ils s’entourent veulent jouer dans la cours des grands, se joindre aux acteurs de la mondialisation, faire un gros coup. Et nous autres, dans leur esprit, on n’est pas des joueurs.

La vente de nos meilleures terres de bleuet sous le nez de nos producteurs a été un autre affront. Comme le chroniqueur, ancien politicien et ancien Ombudsman Bernard Richard a écrit dans l’Acadie Nouvelle : « …le gouvernement actuel semble croire absolument que notre salut ne peut être assuré que par les bons géants… Ça passe surtout par le transfert des ressources publiques au secteur privé, un régime fiscal qui favorise les mieux nantis, une réglementation qui leur laisse le champ libre et une réduction importante des dépenses publiques. La nouvelle stratégie forestière, le don des meilleures terres à bleuets à Oxford et le régime favorisant l’exploration et l’éventuelle exploitation du gaz de schiste en sont les parfaites manifestations. »

Le gouvernement actuel n’a certainement pas inventé le recours aux consultants extérieurs et aux grosses compagnies pour des idées. Ils n’ont fait que continuer ce gaspillage, cette insulte. Ils accordent leur confiance aux consultants, aux grosses compagnies, aux personnes qui gravitent autour d’eux et que du mépris pour les citoyens, les fonctionnaires et les travaillants. Et voilà une des raisons pourquoi nous continuons d’avoir certains des problèmes que nous avons.

Non pas que les citoyens ont toujours raison. Ce qu’il faut faire alors est de rendre accessibles plus de renseignements, créer des arènes de discussion, faire de vrais débats. On peut penser à ces choses. On n’est pas stupide. On est juste traité comme tel.

Pourquoi vous n’avez pas confiance en nous ? Pourquoi nous ne sommes que des figurants dans les dossiers gouvernementaux ? Si on est si nono, pourquoi vous voulez diriger cette province?

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2 Commentaires

  1. wendymm

    Je suis en accord completement, Rosella! J’ai une theorie – je pense le gens du Nouveau Brunswick avoir peur de nos gouvernments. C’est une province petite et beaucoup des personnes travailler pour le gouvernement ou pour les companies qui travailler avec le gouvernement. On a gens sans le confiance de parler nos sensibilities. Quand j’ai commencer de partager mes pensents, j’aid recu beacoup des courriels privee par mes amies et mes colleagues et chacun parle le meme chose: Je souhait je peux parler le meme chose, Wendy, mais j’ai besoin mon poste. C’est triste and je realise je doit representer lorsque je dit me pensents. C’est la raison j’adore tes commentaires!

  2. Michele Caron

    Tu as mis le doigt dessus: On se moque de nous.
    Les consultations bidon et la pseudo transparence mériteraient d’être dénoncées encore et encore. Je rêve d’un temps quand nous aurons des livres blancs qui nous informent et qui encadrent des débats de fond.

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