L’industrie de décernement de prix

Il ne doit pas y avoir une entreprise au Nouveau-Brunswick qui n’a pas reçu un prix. C’est une des choses que je radote souvent en lisant les journaux locaux. À tout bout de champ, des prix pour l’entrepreneur de l’année, de la région, du secteur, puis la multitude pour l’entrepreneurE de l’année, de la région, du secteur…, puis ceux du jeune entrepreneur…

Si toi tu me donnes un prix et moi je t’en donne un, on a chacun un prix, pis on paraît tous les deux comme du monde franc et fiable.

Il nous faut peut-être un prix des prix, pour aider le public et les médias à distinguer les prix valides qui ont évalué quelque chose d’important avant d’être attribués, des prix bidons qui ne cherchent qu’à éblouir par de fausses apparences.

Ce qui me fait penser aux concours de beauté, qui ne sont plus ce qu’ils étaient non plus. Non pas que je suis nostalgique, juste surprise qu’ils pouvaient devenir plus honteux encore. Autrefois ces concours étaient des efforts pathétiques de communautés désireuses d’avoir une activité communautaire mais trop paresseuses pour penser pour elles-mêmes. Aujourd’hui la plupart de ces concours organisés localement ont disparus et plusieurs concours de beauté sont des entreprises nationales ou internationales qui exigent que les candidates paient un certain montant. On nous assure que ce sont des programmes de bourses, rien à voir avec la beauté. Des mensonges qui donnent une idée de l’entreprise. Ils ont des candidates, bien que de plus en plus rares. L’administration de certaines de ces entreprises est ce qu’en Acadie on dirait « loosse ». Mais ça n’empêche que la gagnante, si elle est Acadienne par exemple, fera les manchettes de nos médias comme si on avait entendu parler de ce concours, et qu’il y avait quelque chose à se fièrer. Je sais que la faute est au journalisme rah-rah nationaliste, mais ç’a l’effet contraire que de me faire sentir rah-rah.

J’ai été lancée sur cette réflexion par la nouvelle qu’une entreprise du Nouveau-Brunswick qui fabrique un alcool a gagné un prix outre-mer. Elle pourra dorénavant affixer une Médaille d’or à ses bouteilles. Nos médias fêtent cette nouvelle. Lorsqu’on voit un produit avec une Médaille d’or, on pense qu’il y avait un concours avec un gagnant Or et voici le gagnant, comme dans les sports. Ce n’est pas toujours le cas. Voilà la faille que les entreprises de décernement de prix exploitent.

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Un commentaire

  1. Noella Richard

    Comme j’avais dit à mes collègues de Pêches et Océans, quand tu donnes un prix d’excellence à 80% des employés d’un secteur, il faudrait admettre que ça ne veut plus rien dire.

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