Y’a plus que la question Morgentaler

Si on va débattre la question de l’accès à l’avortement au Nouveau-Brunswick, voici des points souvent oubliés que j’aimerais ajouter au mélange :

Plan B – Quand tu sais que, vivant au Nouveau-Brunswick, t’aurais probablement pas d’avortement, il devient plus important encore d’avoir accès à la pilule du lendemain (contraception d’urgence, ‘Plan B’ – même affaire). Elle sert dans les 72 heures après que t’as eu des relations sexuelles non protégées – t’as été agressée, le condom a déchiré, t’as oublié de prendre tes anovulants, t’as utilisé des antibiotiques qui ont nui à l’efficacité de tes anovulants ou t’as omis de te protéger. Santé Canada permet aux pharmacies de vendre ces pilules sur les étagères. Icitte au N.-B., nos pharmaciens se mêlent de la vie privée des femmes autant qu’un politicien… Ils pourraient mettre ces pilules sur leurs étagères et les vendre à 20$ – même une ado pourrait se les payer. Mais la dernière fois que j’ai vérifié, ceux qui la vendent au N.-B. la gardent derrière leur comptoir, donc il faut leur demander, répondre à leurs questions, souvent à la caisse ! (« Est-ce que ton cycle menstruel est régulier ? Quand as-tu eu des rapports sexuels non protégés ? » …) et payer des frais de ‘consultation’ (20$, même si t’as 40 ans, t’en es servi plusieurs fois et n’as point besoin de consulter). Y’a pas de controverse dans la pilule, elle ne fait pas avorter, elle prévient la grossesse – si t’es enceinte, ça ne changera pas ton état. Ce sont des hormones similaires aux contraceptifs oraux, administrées à des doses différentes. (Certains pharmaciens au N.-B. refusent par religiosité aiguë de les vendre, comme certains de nos médecins refusent d’aider une femme non mariée au sujet de la contraception.)

Filles-mères – « La baisse plutôt marquée entre 2002 et 2003 dans la proportion des grossesses s’étant soldées par un avortement était accompagnée d’une hausse de la proportion de grossesses se soldant par une naissance, surtout chez les adolescentes plus jeunes. », selon le Bureau du médecin-hygiéniste en chef au Nouveau Brunswick. (www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/h-s/pdf/fr/Publications/Indicateurs_sante1.pdfa baisse)
En 2002, l’hôpital ‘anglaise’ de Moncton a annoncé que les avortements n’y seraient plus pratiqués – manque d’appui par le provincial, intimidation des médecins et de l’hôpital par les anti-choix, etc. Alors qu’en 2002 au N.-B., 36 pour cent des grossesses chez les filles de 17 ans et moins se terminaient en un avortement thérapeutique ; en 2003, seulement 18 pour cent.
Suite à la perte du service à Moncton, le Nouveau-Brunswick a connu la réduction du nombre d’avortements la plus importante au Canada. Cette diminution a touché surtout les adolescentes.
En 2006, au tour de l’hôpital Everett-Chalmers de Fredericton d’abandonner la procédure pour un peu les mêmes raisons. Suite à un effort gargantuesque par les femmes et du Conseil consultatif, le gouvernement provincial a éventuellement organisé un accès à l’avortement – à 2 endroits secrets de la province mais c’est à toi d’apprendre où dans les quelques semaines que tu as suite à avoir appris que tu es enceinte – si tu n’as pas de médecin familial, abandonne avant de commencer. Reste qu’en 2009, le nombre de naissances pour 1 000 filles de 15 à 19 ans était de 21 au N.-B., mais de seulement 14 au niveau canadien. Honte.

Les gynéco – La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada a envoyé une lettre au gouvernement du Nouveau-Brunswick vers 2005 disant qu’il n’est pas nécessaire qu’un avortement soit effectué par un spécialiste dans une salle d’opération d’un hôpital. Ailleurs au monde, dans la plupart des cas, des médecins de famille effectuent des avortements dans des cliniques.

Sans chirurgie – Si j’avais à orienter quelqu’une cherchant un avortement, je l’encouragerais de s’informer si l’avortement « médical » est possible dans son cas. Il s’agit d’obtenir de son médecin, ou de d’autres sources, les pilules et les instructions qu’il faut pour provoquer, chez elle, un avortement non chirurgical. C’est la méthode utilisée pour la majorité des avortements en France, Royaume-Uni, les pays scandinaves. Branchons-nous.
http://www.canadiansforchoice.ca/francais/optionsabortion.htm
http://www.arcc-cdac.ca/fr/postionpapers/18_Diff%E9rentes-m%E9thodes-davortement-aper%E7u.pdf

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5 Commentaires

  1. Michele Caron

    Tu as tout à fait raison. Avec le surprenant bris du silence de trois partis politiques et la pression sur le gouvernement Alward qui ne peut plus se cacher derrière  » la poursuite » , l’abrogation du règlement est probable. Il reste la question de l’accès.
    Comment on va assurer le service pour qu’il soit accessible partout dans la province comme tout service médical primaire, ou via une méthode non chirurgical. Et le rôle,s’il en est, pour la clinique Morgentaler qui pourrait contribuer à la formation professionnelle? Ou une clinique Morgentaler maintenue à Fredericton ce qui peut rassurer les femmes de cette région mais fait moins l’affaire pour les femmes du Nord?

    Il y présentement beaucoup d’agitation et les revendications ( pétitions variées, interventions des organismes pan-canadiens, manifestations etc) qui ne sont pas claires et sur lesquelles il n’y a pas consensus. C’était là, un des rôles joués par le Conseil, faciliter la rencontre des divers groupes de femmes pour qu’elles fassent l’unité autour de revendications communes.

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