Charité de mauvaise conscience

De ces choses qu’on ne peut dire sans être rabat-joie :

Ces activités dans les écoles et universités (et que les médias rapportent sans question) qui encouragent les jeunes à la charité, comme si c’était la solution à quelque chose :

  • Une école de Moncton a invité les élèves à apporter des vieux jeans pour les démunis, dans le cadre d’une promotion de la chaîne Aéropostale qui offrait aux donnants un rabais de 25 pour cent à leur magasin. Ils en ont apporté plus de 1200. « On les encourageait en disant qu’ils allaient redonner à la communauté en plus d’obtenir un rabais de 25 pour cent chez Aéropostale. C’est motivant de donner à la communauté. » Qu’a-t-on appris cette journée-là à l’école ? Qu’on peut monnayer les pauvres? Qu’il y a des chanceux et des quêteux ? Ç’aurait été sitant plus intéressant d’organiser quelque chose qui réveille aux causes de la pauvreté, qui aurait (exemple imparfait) amené les jeunes à questionner le pouvoir d’achat du salaire minimum ou le salaire minimum comme fief des politiciens…
  • Des étudiant-e-s d’une université de la province, examinant la problématique de la pauvreté dans leur cours de criminologie, ont organisé une collecte de mitaines. Tout le campus a contribué. C’est pourtant à l’université qu’on devrait développer l’analyse critique. Les pauvres qui recevront des mitaines, eux, vont probablement avoir l’esprit critique plus développée, les mitaines aidant. Proposons aux étudiant-e-s de se pencher sur ce qu’a dit Roland Barthes au sujet de ces alibis qu’on s’autorise pour « substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice ».
  • Des élèves d’une école sont organisés pour faire une collecte de dinde à la période des fêtes. Eh, même une institution supposément apolitique comme CBC organise des collectes de dinde pour les pauvres. Pourquoi ils n’organisent jamais des sessions de lobbying ou d’action directe, en appui des solutions à la pauvreté. Ce seraient des actions politiques, soit, … autant que la charité annuelle qui rend possible et confortable notre inaction à l’année.

« Quand je donne à manger aux pauvres, on me dit saint ; quand je demande pourquoi les pauvres ont faim, on me dit communiste, » comme l’a dit l’évêque brésilien Hélder Cãmara.

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Un commentaire

  1. Noella Richard

    Un vrai déshonneur de donner nos vieilles hardes aux pauvres. On pourrait leur laisser nos sacs de poubelle tant qu’à y être. On peut faire mieux que ça.

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